Les échasses « sacrées ».

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A une hauteur de 3 à 15 mètres, les échassiers togolais comptent parmis les plus hauts du monde. Fabriquées en raphia, les échasses togolaises sont une tradition de la région d’Atakpamé.

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Ci-dessous la signification !

La ville d’Atakpamé est le lieu où historiquement tout a commencé ; l’origine des échasses est liée aux « Ifè », une ethnie qui habite la région. Dans cette ville, la danse Tchébé n’a pas la même signification qu’à Lomé ; on ne parle pas de danse de ballets mais plutôt de danse populaire ou de fête lors de grands événements. Echassiers, musiciens et danseurs ne font qu’un et mettent corps et âmes dans cette danse. Si vous allez au Togo en Août, vous pourrez assister à la fête annuelle où l’on célèbre l’igname ; fête vaudou par excellence, elle consiste à faire des offrandes aux divinités. C’est une immersion Idéale pour bien comprendre toute la symbolique de la danse Tchébé.

Dans cette danse, les différents mouvements sont appris au sol avec de la musique. Par la suite, quand les danseurs sont à l’aise, on insère de la hauteur avec les échasses. Celui qui a les échasses les plus hautes est nommé « Afifi ». La répétition se fait toujours en forêt, lieu d’origine où elles sont nées. Les échassiers Togolais nomment chaque mouvement ; «Tchichikpa » signifie que le danseur doit se cambrer en arrière pour toucher son échasse avec sa tête ; « Adjénakourou » est une imitation de l’éléphant, le danseur marche à quatre pattes, il faut donc 4 échasses. Lors de cette danse, un chanteur fait l’éloge de l’échassier et de ses mystérieux pouvoirs. On retrouve cette danse des échassiers dans de nombreux pays en Afrique comme au Sénégal, au Mali, en Guinée et en Côte d’Ivoire.

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Le récit originel sur l’apparition des échasses est relativement récent : il date de 1800, date de la fondation de la ville d’Atakpamé et se situe géographiquement dans la préfecture de l’Ogou, dans la brousse, aux environs de la ville de Datcha.
Ce récit fondateur parle d’un homme, M. Itché, qui a découvert les échasses. Itché est un personnage clé dans la construction du récit mais aussi dans la culture vaudou.
Tout d’abord, Itché est un jumeau, et les jumeaux sont très respectés par la population. Dans le panthéon céleste, l’être suprême qui a crée le monde (Nana Buluku ou Boukou) est hermaphrodite. En se fécondant lui-même, il a donné naissance a deux jumeaux, auxquels a été confié le commandement du monde – l’un règne sur la nuit l’autre sur le jour. Les enfants de ces jumeaux sont les principaux vaudouns (dieux ou loas). On comprend donc le culte particulier dont font l’objet les jumeaux dans une famille. Il sont parfois même tenus pour plus puissants que les vaudouns car plus près du mystère originel. Reconnus comme étant détenteurs de pouvoirs, ils reçoivent dès leur naissance cérémonies, offrandes et sacrifices.
En plus d’être jumeau, Itché est chasseur. Or dans la culture vaudou, le chasseur est un homme qui a aussi des pouvoirs, il fait des cérémonies avant d’aller à la chasse et se protége ainsi des mauvais sorts. C’est une figure importante, à la fois crainte et respectée de la population. Cette réputation est entretenue par le fait qu’il est formellement interdit au chasseur de révéler les mystères appris dans la forêt, au commun des mortels, aux non-initiés.
Le récit se déroule donc ainsi : lors d’une chasse dans la brousse, Itché observe des fées qui dansent sur des bâtons (2). Les fées, n’ont que deux membres : une jambe et un bras ; le bâton est donc mis sous l’unique jambe et elles sautent en dansant. Itché observe tout cela en étant caché des fées. Mais pour signaler sa présence, il décide de tirer un coup de feu en l’air. Les fées prennent peur, et dans leur fuite, elles laissent leur matériel par terre. Le chasseur ramasse ces objets et les amène au chef spirituel pour « connaître la valeur mystique de ces objets ». De retour à la maison, il décide de reproduire la même chose, de fabriquer ces même bâtons, qui deviennent les échasses.
Comme la taille des échasses utilisées par les fées est trop haute, il en fait de plus petites. L’utilisation est difficile et dangereuse par le risque de tomber, il commence donc à 4 pattes (c’est à dire en fixant des bâtons aux mains et aux pieds), pour n’en utiliser ensuite que trois et enfin deux, sous ses seules jambes. Il enseigne cet art, devient entraîneur… La culture des échasses se répand alors…
Cette sortie à la chasse aura été sa dernière sortie. En révélant ce secret, et en l’enseignant chez lui, il ne peut plus retourner en forêt chasser, au risque de perdre les pouvoirs acquis au cours de sa vie.

Pour en savoir plus !

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Published in: on juillet 3, 2008 at 10:45  Laisser un commentaire  

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